Chantage à la grecque

Chantage au référendum : le choix partisan

La Grèce s’est-elle tirée une balle dans le pied? Tout porte à le croire au vu des suites de l’appel au référendum, lancé puis annulé par Monsieur Papandréou. Posons-nous la question du pourquoi? Nous éviterons ici les considérations partisanes et électoralistes bien que celles-ci aient certainement contribué à cette décision (suite à l’effondrement du Pasok, parti du premier ministre grec, entre autres) pour nous concentrer sur la question de l’intérêt même d’un référendum…

Un tel référendum peut-il être autre-chose qu’une condamnation d’office? La Grèce quittant l’Euro groupe (et par là même l’Europe) serait immédiatement mise en faillite! Les conséquences, hormis l’effondrement de l’économie grecque, seraient socialement dramatiques. Des faillites en série, une courte hausse des exportations dont les bénéfices seraient vite effacés par des coûts d’importation exorbitants (e.a. énergétiques), un appauvrissement général de la population…

Les risques d’un référendum

Malheureusement, le référendum se transforme souvent en plébiscite de l’instigateur. Est-il vraiment judicieux d’organiser une consultation populaire dans une situation telle que peu de personnes sont à même de comprendre les tenants et aboutissants de la situation? Quand bien même ce serait le cas, différents lobbys se chargeraient d’en donner un éclairage tel que la problématique n’en sera que plus nébuleuse. Enfin, comme nous l’avons vu en France il y a quelque temps, le référendum est souvent pris par le peuple comme une manière de régler ses comptes avec le pouvoir en place plus que toute autre-chose. N’est-ce pas, d’une certaine manière, une condamnation de l’idée démocratique sur l’autel du populisme?

« Les grecs veulent-ils l’adoption du nouvel accord ou le rejettent-ils ? Si les Grecs n’en veulent pas, il ne sera pas adopté (…) la volonté du peuple grec s’imposera à nous ».

Et je n’aborde pas ici le soucis « éthique » du référendum qui n’est finalement qu’une ingérence des personnes consultées dans une sphère qu’il ne maîtrise souvent pas. La démocratie est un système certes améliorable mais important. Son ouverture est son essence mais aussi sa fragilité, ne l’oublions pas!

Deux liens pour parfaire votre réflexion

Le Monde

L’Express

Bonne lecture!

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2 Commentaires

  1. Précisions

     /  1 décembre 2011

    Deux points me posent problème dans cet article. 

    Le premier est la reprise d’un argument fondamentalement anti-démocratique (il ne faut pas en faire appel au peuple car celui-ci est ignorant et revanchard) sous couvert de sauvegarde de la démocratie. 
    C’est une rhétorique dont usent et abusent les oligarchies de tout poil (intellectuelles, politiques, économiques) pour légitimer la tyrannie des élites supposées éclairées. 

    Qui se préoccupe réellement de démocratie ne peut faire l’impasse sur la voix du peuple. 

    Quant à la manipulation dont ledit peuple ferait l’objet si on lui demandait sont avis, elle ne serait pas bien différente de la manipulation dont il est déjà victime via, entre autre, les médias dominants (L’express (Routarla Media Group, Rik De Nolf membre du Cercle de Lorraine) et Le Monde (groupe de presse qui se voudrait indépendant mais en lien financier avec Lagardère et Perdriel), cités en fin d’article, en faisant bien évidemment partie). 

    Second point, au sujet du risque de faillite grecque, il faut tordre le cou à cet épouvantail brandi à longueur de discours. Un État ne fait jamais faillite, il cesse simplement de payer. Voici quelques lignes de Frederic Lordon à ce sujet :

    « Or aucun État n’est jamais mort de faire défaut sur sa dette pour la simple et bonne raison que l’expression « faire faillite » n’a rigoureusement aucun sens à propos d’une entité politique souveraine – et ceci à la différence des banques privées en 2008 qui, n’eussent-elles été sauvées, étaient, elles, promises au trépas. En bonne logique si l’État ne meurt pas de défaut, ce n’est pas l’État qu’on sauve. Alors qui ? Ses créditeurs, bien sûr. »

    Répondre
    • Bonjour,

      Loin de moi l’idée de mettre à mal les fondements de notre démocratie qui est, comme le disait Churchill, « le pire des régimes à l’exception de tous les autres ». Mais est-il réellement anti-démocratique de se poser des question sur la mise en oeuvre d’un régime (et non sur son fondement)? Je pense que la démocratie a tout à gagner d’une mise en perspective de ses principes… Consulter le peuple est essentiel en démocratie mais créer de légers filtres à cette consultation n’est pas nécessairement négatif. Surtout lors du traitement de sujets complexes tels que le référendum français du 29 mai 2005 sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe.

      Quant à la faillite d’un pays, il est évident qu’elle ne doit pas être considérée comme la faillite d’une entreprise (la liquidation d’un pays n’est bien sûr pas possible). Par ailleurs, je reconnais que le cas bien connu de l’Argentine ne peut plus servir de référence vu le lien de plus en plus étroit qui lie les pays aux banques. Néanmoins, il ne me semble pas déplacé de dire que la « faillite » d’un pays aurait des conséquences (notamment sociales) désastreuses pour celui-ci.

      N’hésitez pas à réagir, les confrontations d’idées participent à l’évolution même de notre réflexion.

      Bien à vous!

      Répondre

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